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La “cavalerie” américaine a permis de déjouer l’attentat du Thalys, se souvient un témoin Par Reuters

© Reuters. LA “CAVALERIE” AMÉRICAINE A PERMIS DE DÉJOUER L’ATTENTAT DU THALYS, SE SOUVIENT UN TÉMOIN

par Tangi Salaün

PARIS (Reuters) – Le voyageur qui a arraché sa kalachnikov à l’auteur présumé de la tentative d’attentat dans un train Thalys entre Amsterdam et Paris en 2015 a cru mourir après avoir reçu une balle dans le dos, avant d’entendre “la cavalerie” de passagers américains arriver à sa rescousse, a-t-il déclaré jeudi lors du procès de cette attaque manquée.

Devant la cour d’assises spéciale où se déroule ce procès à Paris alors que la France est de nouveau en alerte maximale à la suite de plusieurs attaques en quelques semaines, Mark Moogalian s’est souvenu d’avoir été intrigué en ce 21 août 2015 par le comportement du principal accusé, Ayoub el Khazzani, qu’il a vu entrer dans les toilettes avec une valise.

Croyant à un passager faisant un malaise alors qu’Ayoub el Khazzani était enfermé depuis une dizaine de minutes, Mark Moogalian s’est dirigé vers les toilettes et est alors tombé nez à nez avec le suspect, au “regard bizarre” et arme à l’épaule.

Ce n’est pourtant pas lui qui, incrédule, a réagi le premier, mais un autre passager, dont le témoignage anonyme a été lu dans la matinée.

Ce dernier, Damien A., découvrant un homme “torse nu, armé d’une kalachnikov, avec un petit sac à dos sur le ventre”, décide “sans réfléchir” de sauter sur lui, de le saisir par le cou et de le pousser dans un coin.

“Je me suis presque blotti contre lui pour ne pas qu’il puisse se saisir de son arme”, a-t-il dit, selon son témoignage lu par le président de la cour d’assises spéciale.

Damien A., un Français de 28 ans, est alors seul dans l’espace situé au bout du wagon. “J’ai réussi à le maîtriser pendant environ 15 secondes”, a-t-il raconté. “(Puis) il s’est retourné vers moi et il m’a mis en joue. Je pense que son arme ne marchait pas car il n’y a eu aucun coup.”

BALLE DANS LE DOS

Mark Moogalian, lui, ne se souvient plus comment la kalachnikov s’est retrouvée dans ses mains durant l’empoignade, lui qui n’avait jamais touché une arme de sa vie.

Ce Franco-Américain alors âgé de 51 ans, pas très grand, s’éloigne avec le fusil automatique mais tombe au bout de trois pas, touché d’une balle dans le dos. Il sera le seul blessé par balle de cette attaque.

Il voit ensuite Ayoub el Khazzani se pencher sur lui pour récupérer sa kalachnikov. Il pense que l’assaillant va l’achever mais ce dernier ne tire pas. Mark Moogalian pense que l’arme s’est enrayée.

C’est alors qu’interviennent trois Américains, dont deux militaires en permission, qui seront les “héros” du film de Clint Eastwood “Le 15h17 pour Paris”.

Mark Moogalian voit l’un d’eux, Spencer Stone, “voler dans les airs”.

“J’étais content parce que la cavalerie était arrivée”, a-t-il dit à la barre, vêtu d’un costume noir et d’une cravate rouge, un masque noir sur le visage, dans une salle d’audience gardées par des gendarmes équipés de gilets par balles et de fusil d’assaut automatiques.

A ses yeux, les vrais héros qui ont permis d’éviter une tuerie dans le train sont Damien A. et Spencer Stone, lequel, avec ses camarades, finit par maîtriser l’assaillant avant de venir au secours de Mark Moogalian bien que le militaire américain soit lui-même blessé à coups de cutter.

Face aux questions de l’avocate d’Ayoub el Khazzani qui tente de soutenir la thèse avancée par l’accusé pendant l’instruction selon laquelle il ne visait en fait que des soldats américains sur instruction d’Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur présumé des attentats du 13-Novembre quelques mois plus tard à Paris, Mark Moogalian ne dévie pas dans ses réponses.

Et lorsqu’elle lui demande s’il accepte qu’Ayoub el Khazzani lui adresse publiquement ses excuses, il refuse et quitte la barre.

Ayoub el Khazzani est poursuivi pour tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste. Il encourt la prison à perpétuité. Trois complices présumés sont jugés à ses côtés. Le verdict est attendu le 18 décembre.

(Avec Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot)


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