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Un conseil pourrait gouverner l’Afghanistan, selon un haut représentant taliban Par Reuters

© Reuters. L’Afghanistan pourrait être gouverné par un conseil avec le guide suprême des taliban, Haibatullah Akhundzada, comme décideur ultime, a déclaré mercredi un haut représentant du mouvement islamiste, trois jours après que les combattants insurgés o

KABOUL (Reuters) – L’Afghanistan pourrait être gouverné par un conseil avec le guide suprême des taliban, Haibatullah Akhundzada, comme décideur ultime, a déclaré mercredi un haut représentant du mouvement islamiste, trois jours après que les combattants insurgés ont pris le pouvoir dans la capitale Kaboul.

Dans un entretien à Reuters, Waheedullah Hashimi, proche des dirigeants taliban, a dit par ailleurs que le groupe allait aussi contacter d’anciens pilotes et soldats de l’armée afghane pour leur demander de rejoindre ses rangs.

Rien ne dit pour l’heure que cette campagne de recrutement sera fructueuse. Des milliers de soldats afghans ont été tués par les insurgés au cours des vingt dernières années et les pilotes afghans, formés par les Etats-Unis, ont été particulièrement ciblés dernièrement pour leur rôle clé dans la lutte contre l’offensive des taliban à travers le pays.

La structure de gouvernance évoquée par Waheedullah Hashimi rappelle celle mise en place par les taliban lorsqu’ils furent pour la première fois au pouvoir en Afghanistan, de 1996 à 2001, avant le début de l’intervention militaire américaine.

A l’époque, le guide suprême du groupe, le mollah Omar, était resté dans l’ombre pour laisser un conseil gérer les affaires courantes du pays.

Il est vraisemblable que Haibatullah Akhundzada occupe une fonction ayant autorité sur le conseil, similaire à celle d’un chef d’Etat, a indiqué Waheedullah Hashimi.

“Peut-être que son adjoint jouera le rôle de ‘président'”, a-t-il ajouté, alors que l’actuel guide suprême des taliban est épaulé par trois hommes: Mawlavi Yaqoob, fils du mollah Omar, Sirajuddin Haqqani, à la tête du puissant réseau éponyme, et Abdul Ghani Baradar, qui dirige le bureau politique du groupe à Doha au Qatar et fut l’un des fondateurs du mouvement.

PAS DE DÉMOCRATIE

S’il a précisé que de nombreux détails sur la manière dont les taliban allaient gouverner l’Afghanistan restaient à définir, Waheedullah Hashimi a déclaré qu’il ne s’agirait pas d’une démocratie.

“Il n’y aura pas de système démocratique du tout, parce que cela n’a aucun fondement dans notre pays”, a-t-il dit. “Nous n’allons pas discuter du type de système politique à mettre en place en Afghanistan car cela est clair: c’est la charia, un point c’est tout”.

A propos de l’armée afghane, dont les membres ont combattu pour le gouvernement déchu, le haut représentant taliban a déclaré que le groupe entendait mettre sur pied une nouvelle armée nationale regroupant ses combattants et des soldats des ex-forces gouvernementales désireux de la rejoindre.

Waheedullah Hashimi a ajouté que les taliban avaient particulièrement besoin de pilotes, car ils n’en comptent aucun dans leurs rangs, alors qu’ils ont saisi des hélicoptères et différents appareils au cours de leur offensive à travers le pays pour prendre le pouvoir en marge du retrait des troupes étrangères.

“Nous sommes en contact avec de nombreux pilotes”, a-t-il dit, expliquant que les taliban attendaient des pays voisins de l’Afghanistan qu’ils leur rendent les appareils avec lesquels des soldats afghans ont fui le pays ce mois-ci.

Au cours de sa première conférence de presse depuis leur prise de pouvoir à Kaboul, le principal porte-parole des taliban a assuré mardi que le groupe ne mènerait pas de représailles contre les anciens membres des forces afghanes.

(Reportage du bureau de Kaboul, rédigé par Raju Gopalakrishnan; version française Jean Terzian, édité par Marc Angrand)


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