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Au lendemain du débat, chaque camp défend son candidat Par Reuters

© Reuters. Les entourages d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen ont fait bloc autour de leur candidat jeudi, au lendemain du débat d’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. /Photo prise le 20 avril 2022/REUTERS/Christian Hartmann

par Myriam Rivet et Tangi Salaün

PARIS (Reuters) – Les entourages d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen ont fait bloc autour de leur candidat jeudi, au lendemain du débat d’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, les premiers dénonçant les “hésitations” de la candidate du Rassemblement national, les seconds fustigeant l'”arrogance” du président sortant.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont affrontés mercredi soir avec une retenue à rebours de leur joute de 2017, qui n’a pas empêché des accrochages acides sur le pouvoir d’achat et l’islamisme, chevaux de bataille de la candidate d’extrême droite, et les enjeux diplomatiques du moment, tels le conflit ukrainien et l’avenir de l’UE.

Si les deux camps se disaient “satisfaits” jeudi matin, le débat a laissé sur leur faim de nombreux observateurs, à l’image du troisième homme du premier tour, le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui s’est dit sur Twitter (NYSE:) navré d’avoir été le témoin d’un tel “gâchis”, alors que les deux finalistes se disputent ses électeurs.

Selon les chiffres diffusés par Médiamétrie, le débat a rassemblé 15,5 millions de personnes sur l’ensemble des canaux de diffusion, contre 16 millions lors du “match aller” en 2017.

Du côté du président sortant, que 59% des Français ont trouvé le plus convaincant, selon un sondage Elabe pour BFM TV réalisé à la fin du débat, on se voulait serein jeudi matin, alors qu’Emmanuel Macron doit se rendre à la mi-journée à Saint-Denis à la conquête d’un électorat populaire qui a voté à plus de 50% pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour.

“J’ai trouvé que c’était un bon débat, serein, clair, où chacun a pu exposer ses arguments”, a commenté le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur France 2. “C’est bien pour notre démocratie que les deux finalistes puissent présenter aussi sereinement et aussi calmement leur vision de la France.”

“Je trouve que c’était un débat plutôt de bonne tenue”, a renchéri le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sur CNews. “On a vu le choix entre deux types de France, deux façons d’imaginer la gouvernance du peuple français ou de vivre l’Europe, ou de vivre la France dans le monde.”

PROCÈS EN “ARROGANCE”

Si la plupart des éditorialistes de la presse française estiment que Marine Le Pen a été “étouffée par un Emmanuel Macron combatif” (Le Monde) ou qu’elle s’est montrée “toujours pas à la hauteur” (Libération), ses proches ont tenté de lancer la contre-offensive sur le thème de “l’arrogance” du chef de l’Etat, qui avait notamment été un moteur du mouvement des “Gilets jaunes”.

“Moi, je suis comme beaucoup de Français, j’ai été très surpris par l’attitude d’Emmanuel Macron, une attitude que j’ai trouvée arrogante, méprisante, avachi au fond de son fauteuil”, a attaqué le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, sur BFM TV.

“Emmanuel Macron est l’insulteur numéro un du pays. Quand il insulte Marine Le Pen, en réalité c’est les Français qu’il insulte”, a-t-il insisté, alors que sa candidate est attendue en fin de journée à Arras (Nord), où elle tentera elle aussi de convaincre un électorat populaire que le camp présidentiel cherche selon Jordan Bardella “à effrayer”.

Les mots étaient à peu près les mêmes du côté de la France Insoumise, déjà tournée vers le “troisième tour”, les élections législatives qui suivront la présidentielle, lors desquelles Jean-Luc Mélenchon a appelé mercredi les Français à “l’élire Premier ministre”.

“On avait à la fois un président dans toute son arrogance sociale, qui n’a jamais été contesté finalement, réellement et sérieusement par Marine Le Pen. Je ne comprends pas pour quelle raison elle était aussi molle”, a feint de s’interroger le député de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière.

DES CANDIDATS PEU CONVAINCANTS SUR L’ÉCOLOGIE

Du côté du président sortant, on dénonce un procès d’intention.

“C’est un procès qu’on lui fait tout le temps. (…) Moi je n’ai pas vu d’arrogance chez Emmanuel Macron hier. J’ai vu de la détermination, de la conviction de défendre son projet, et il a bien raison. On l’attaque, donc il se défend”, a commenté Bruno Le Maire.

Un avis à rebours, sans surprise, de celui de Louis Aliot, vice-président du RN et maire de Perpignan, qui a dit sur RTL (ETR:) avoir trouvé le président sortant “très agressif, approximatif et fantaisiste sur les chiffres”.

Sur le fond, les deux camps étaient d’accord pour dire que les deux candidats avaient marqué pendant le débat leur profondes différences, l’entourage du chef de l’Etat lançant un nouvel appel du pied aux Français préoccupés par les questions écologiques, “le grand blanc et le grand vide du projet de Marine Le Pen”, selon Bruno Le Maire.

Mais avec un bilan très critiqué sur le sujet, la France ayant notamment été condamnée par la justice pour son “inaction climatique”, Emmanuel Macron devra semble-t-il trouver d’autres arguments pour convaincre de son “virage écologique” amorcé il y a quelques jours un électorat souvent jeune et très inquiet pour son avenir.

“Si vous êtes sensible à l’écologie, déjà préoccupé par le dérèglement climatique et la catastrophe qui s’annonce au niveau planétaire pour notre biodiversité, si vous êtes engagé déjà dans la transition écologique, alors peut-être comme moi, vous avez trouvé malheureusement que ce débat n’était pas à la hauteur, voire à côté de la plaque”, a commenté Pierre Cannet, directeur du plaidoyer de WWF France, sur BFM TV.

“Il y a des réponses qui sont attendues, très détaillées et concrètes, sur comment transformer en profondeur notre économie, notre société (…). Je suis resté sur ma faim hier soir malheureusement.”

(Rédigé par Myriam Rivet et Tangi Salaün, édité par Jean-Michel Bélot)


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